samedi 12 août 2017

4 jours et demi à Yogyakarta (centre de Java)

Après une séquence nature à Kalimantan, nous passons à la très culturelle et urbaine Yogyakarta avec un temps de transport optimisé (détails pratiques en fin de page et à la rubrique Aide voyages). Objectif: visiter les temples de Prambaman et Borobudur mais, également, promener dans Yogya et aux alentours. Notre programme en 4 jours et demi, vraiment tranquilles.

Jour 1
Arrivés à 14 heures, nous déposons les bagages dans le joli hôtel 1001 Malan, soit les 1001 nuits, et partons nous occuper des réservations diverses pour la suite du séjour. Nous en profitons pour arpenter les petites allées du vieux quartier à l'est de l'avenue Malioboro, l'équivalent de la rue de Rennes (parce qu'il y a beaucoup de résidents locaux) et des Champs Elysées (parce qu'il y a aussi beaucoup de touristes); bref il y a beaucoup de monde qui "jalan jalan" (se promener).




Dans la soirée, nous sirotons notre première bière du séjour. Il faut dire que la vente d'alcool est interdite sur Kalimantan pour des raisons religieuses sauf sur les territoires dayaks où le vin de riz et l'arak sont tolérés. A Yogyakarta, la règle est moins stricte; les bars et restaurants pour touristes peuvent servir de la bière.


Jour 2
Tôt levés, nous partons visiter le temple bouddhiste de Borobudur. Construit sur un tertre entre le 8ème et le 10ème siècle, c'est une véritable merveille. Je suis tellement absorbée par la visite que j'en oublie de prendre des photos (du moins avec l'iPhone). La seule que nous ayons a été prise de la colline à quelques centaines de mètres du temple d'où la vue est absolument superbe.


Le petit musée près de la sortie présente une reproduction d'un bateau à balancier tel qu'il figure sur les bas reliefs du temple. En 2007, un équipage hollandais est allé jusqu'à Madagascar, vis les Seychelles puis à Accra pour montrer la possibilité d'une route commerciale dès les années 700/800. D'autres cartes très intéressantes et maquettes de bateaux sur le commerce entre la Chine et l'Afrique en particulier au 17 été siècle. A voir !

Nous continuons par la visite du temple et du monastère de Mendut. 
Le temple est connu pour abriter une grande statue de Bouddha assis avec, chose rare, les deux plantes de pied touchant le sol.


Dans le jardin, un immense banian des plus spectaculaires.


Tout à côté, le monastère, encore en activité, est très paisible. Le jardin abrite de jolies statues mais c'est surtout l'ambiance générale qui est agréable.




L'après-midi, suivant ( à tort) les conseils du Lonely Planet, nous décidons d'aller viditer le quartiers des artisans spécialistes de l'argent. Le métal, pas la monnaie. Nous parcourons les 8 km qui séparent le centre ville du "village" en becak, un cyclo-pousse à moteur qui abonde en centre-ville. 
Le conducteur nous dépose devant une immense boutique qui vend des bijoux, de la vaisselle et des objets de décoration en argent mais, ce que nous voulons voir, c'est la fabrication.

Nous partons donc, comme d'habitude, à pieds et trouvons tout autre chose que des ateliers. Des élèves sortant de l'école, un marché aux ovins, une maison où a dormi Lech Walesa, mais aucun atelier ouvert. Selon un vendeur de chèvres, la crise est passée par là et les ateliers ont fermé.



Dans ce quartier éloigné, impossible de trouver un becek et comme il est environ 17 heures, nous n'avons pas vraiment envie de faire à pieds les 9 km qui nous séparent de la guesthouse. Nous tournons donc autour d'un marché à la recherche d'une solution, ce qui nous donne l'occasion de voir un couturier itinérant.


Heureusement, un vendeur du coin nous aide à interpeler une moto taxi de Gojek, une sorte de Uber local. 


Normalement, il faut faire la transaction via une application que nous n'avons évidemment pas mais il y a toujours moyen de s'arranger. Le problème est qu'à Yogya il est interdit de monter à 3 sur un scooter. Qu'à cela ne tienne. Notre conducteur appelle un ami et nous voilà parti dans les embouteillages et les gaz d'échappement.

Nous arrivons à temps pour dîner dans un horrible warung du côté de Jalan Alun alors qu'i, y en avait de très jolis en face. À moins d'un euro le mi et le nasi gore got, le moins qu'on puisse dire est qu'on ne s'est pas ruiné même si on n'a pas pu finir les plats proposés pour cause d'excès d'huile. Cela ne nous empêche pas de profiter du gamelan et du spectacle du théâtre d'ombres au musée Sono-Buyodo.


Jour 3
Ce matin, nous partons en direction du Keaton, le palais du sultan de Yogyakarta. La municipalité possède un statut spécifique en raison du rôle particulièrement actif joué par le père de l'actuel sultan contre l'occupant hollandais. Elle dispose d'une grande autonomie politique et administrative. Le sultan actuel est en outre député ce qui lui confère un rôle à la fois symbolique et politique.
Le palais est immense (environ 1 km2) et seules deux sections peuvent être visitées. C'est un mélange d'architecture indonésienne et de matériaux et mobiliers européens ( porcelaines de Delft, bien sûr, mais également lustres en verre de Muranô vaisselle française, carreaux de ciment hollandais, etc.)


Nous remontons par l'avenue Malioboro, déjà évoquée, ce qui nous permet d'observer les élèves des écoles coraniques pendant leur cours de gym. Détail important: bien que les filles soient voilées, les équipes de foot sont mixtes.


A peine le temps de déjeuner, nous rejoignons le point de rendez-vous pour partager une voiture qui nous conduire au temple de Prambaman. Malgré un petit bug au départ (le chauffeur nous a oublié...) nous arrivons tôt dans l'apres-midi pour visiter le site, une merveille de l'architecture bouddhique. Un peu antérieur à Borobudur, visité la veille, Prambaman aurait été abandonné en raison d'une éruption du volcan Merapi, tout proche, qui continue de faire régulièrement des dégâts. 




En attendant le coucher de soleil, nous commentons les séances de photos des visiteurs qui font un usage intensif de BooL'étang, ce qui donne des situations assez marantes. 


Le coucher de soleil admiré (cette photo ne lui rend pas justice) ...


... nous nous rendons au théâtre du ballet du Ramayana. Petit détail pratique : à moins d'avoir les fesses fragiles, il est inutile de prendre des places VIP ou spéciales. Les 1ères et même les secondes où nous étions font parfaitement l'affaire. Plus précis encore, les places de secondes situées à gauche de la scène permettent d'avoir le temple éclairé comme décor du ballet. Pour peu que le pleine lune se lève, ce qui a été le cas, c'est abdolument splendide.

Pour les photos, il faudra attendre notre retour. Celles prises avec l'iPhone sont vraiment minables !

Jour 4
Nous avons loué une voiture pour la journée afin d'aller voir les alentours de Yogya. Nous renonçons à la montagne faute d'envie de passer 12 heures assis dans la voiture pour aller vers les villages de pêcheurs et les plages du sud.
Nous faisons un premier arrêt alors que nous sommes encore dans Yogya pour déguster un café Luwak ou café loir, connu pour être le meilleur du monde... tout le monde connaît George what else Clooney pour Nespresso mais le café luwak a aussi sa star en la personne de Jack Nicholson que l'on peut voir ici en version longue avec présentation du procédé de fabrication de ce rare café :
Pour la version courte, c'est par là
Sa manière de humer l'arôme du café est vraiment unique.

Quelques embouteillages et kilomètres plus loin, nous nous arrêtons aux grottes de Pindu, pas exceptionnelles, mais la visite est agréable car tout se fait dans l'eau, sur des bouées ce qui est très rafraîchissant. Nous prolongeons pas la descente, très tranquille en saison sèche, de la rivière qui remet de traverser de très beau paysages de rizières et de faire quelques sauts depuis les rochers qui la bordent.
Les photos, prises par le guide, sont à venir.

Nous approchons enfin de la mer et de la grande plage d'Indrayanti, une large crique encadrée de deux énormes rochers ronds et bordée de warungs où l'on peut manger du poisson grillé ou frit et du riz accompagné d'une noix de coco fraîche.



Nous sommes en plein face à l'océan indien et les rouleaux sont énormes. Impossible de se baigner... mais nous promenons le long de la plage et discutons avec les étudiants qui profitent de leur vendredi après-midi pour venir faire quelques photos. Il est d'ailleurs possible de les faire imprimer et plastifier  sur place pour repartir avec son souvenir de la journée.


Dernier stop à la double plage de Drini dont les deux parties sont séparées par un énorme rocher que l'on peut atteindre à partir d'une passerelle à la solidité assez douteuse. C'est marée basse et tout le monde est parti à la pêche aux coquillages si bie. Que les jolis bateaux à double balancier sont déposés sur la plage.


Dernière demi journée
Il nous reste quelques heures avant de prendre l'avion poiur'Lombok. Nous les mettons à profit pour aller voir le marché aux animaux. Nous partons à pied, par les petites ruelles qui forment un véritable dédale entre les grandes avenues de la partie ancienne de la ville. Il est très agréable de s'y promener. C'est calme puisque ni les voitures, ni les cabrioles, ni les becko ne peuvent y passer; c'est joli puisque la tradition qui consiste à installer un mini jardin et des cafés à oiseaux est très implantée en Indonésie et surtout très propre ce qui pour une parisienne habituée à la saleté urbaine est toujours source d'émerveillement.





Nous passons à côté du Water Castle, construit à la fin du 18ème siècle par un architecte portugais de Batavia pour le sultan de l'époque.



Nous faisons, évidemment, une halte au marché.



... et continuons notre progression vers Pasar Pasty toujours par des ruelles qui nous permettent de decouvrir que Yogya a mis en place un programme d'agriculture urbaine. Génial !

Avec tous ces détours, nous ne sommes pas arrivés à destination et nous en sommes d'autant plus loin que l'emplacement indiqué sur le Lonely est erroné. De fait, le guide n'est pas du tout à jour et nous aurons d'autres occasions de la constater. Renseignements pris auprès de,passants, il nous reste plus d'un km à parcourir par rapport à ce qu'indique le plan. Cela vaut quand même le coup de continuer.
Le,marché'comporte une importante section consacrée aux oiseaux, y compris des volailles. La section des chiens et chats est très triste car les animaux sont présentés dans des cages à oiseaux. Quant à celle des reptiles et oiseaux sauvages, il vaut carrément mieux la contourner.




Le séjour à Yogya se termine sur une note très colorée. En route pour l'aéroport et notre prochaine destination, Lombok.

Notes pratiques
- Où loger ?
Le joli hôtel 1001 Malam est situé dans le,quartier de Soroswijayan, dans une ruelle au calme. Les chambres sont grandes et les salles de bain tout à fait correctes. Le jardin est ravissant et la terrasse très agréable pour se reposer. À noter, un excellent petit déjeuner.
Pour réserver, il n'y a pas de site direct. Le mieux est de passer par Booking.com

- Où déjeuner ?
Le délicieux restaurant Bedhot (un faux amis, cela veut juste dire créatif) sert d'excellents plats indonésiens avec une quantité limitée d'huile). Très bonnes salades et des fruits joliment préparés. Le peintre qui tient le r saturant a également décoré les chambres du 1001.

A moins d'être coincé, il n'est pas nécessaire de dîner au Losmen café. Le jardin est sympa et on peut boire un verre avant d'aller se coucher.

Hanis restaurant & bakery n'est pas mal.

- Où se faire faire un délicieux massage de pieds ?
Monggo relax, toujours dans le même quartier. La séance de réflexologie plantaire qui va bien au-delà des mollets est un pur bonheur.

- Où louer une voiture, évidemment avec chauffeur compte tenu des embouteillages et de la manière de conduire locale ?
1/ Great tours, sur Soroswijayan Jalan
Conseillée par le lonely. Très pro mais assez cher par rapport à ce qui se fait dans le quartier et, surtout, pas très flexible.

2/ les échoppes de Seroswijayan wetan. Nous conseillons Red Palm rental qui est située à peu près en face de la mosquée et qui fait aussi office de cyber café. Très sérieux et plutôt moins cher que les voisins.

Que lire? 
- Shamini Flint, L'îspecteur Singh enquête à... Bali.  L'enquête nous mène principalement à Java dans un contexte de terrorisme international.
- Tim Hannigan, A brief history of Indonesia: sultans, spices and tsunami. 

mardi 8 août 2017

3 jours en terre Dayak

Dès la fin du tour dans la réserve d Tanjung Puting, une voiture nous attend à Kumai pour nous conduire vers Kalimantan Ouest dans l'un des nombreux villages Dayak. Sous la houlette de Fébri et conduits par Ipol, nous prenons la direction de Lakamau.
En route, nous nous arrêtons dans une fabrique de machettes où sont produits les couteaux utilisés par la plupart des agriculteurs de la région. Les conditions de travail sont incroyables: aucune protection, les seules lunettes que portent les ouvriers sont de fausses Ray bans made in China et ne parlons ni de l'hygiène, ni de la sécurité.



Nous arrivons à Lakamau, où, en dehors des ronds points à la gloire de choses aussi diverses que les épis de maïs, les cerf, les toucans etc. et le poste de police où nous devons faire notre déclaration, il n'y a strictement rien à faire.


 Une assiette de nasi goreng plus loin, nous reprenons la route qui traverse des kilomètres et des kilomètres de plantations de palmiers à huile. 



Au total, 70 km au milieu de ces maudits palmiers qui produisent dans des conditions lamentables l'huile bon marché et de piètre qualité tant prisée de l'industrie agroalimentaire. Une loi hypocrite stipule que toute terre qui n'est pas une forêt peut être vendue avec un permis d'exploitation agricole. Comment transformer une forêt en une non forêt? En la brûlant, bien sûr, d'où les nombreux et gigantesques incendies qui ont détruit une grande partie de la forêt primaire de Bornéo au cours des 20 dernières années. Ce massacre me conforte dans ma traque de l'huile hydrogénée sur les étiquettes des produits alimentaires.
Nous sortons enfin des embouteillages de camions qui transportent les fruits des palmiers, les produits phytosanitaires abondamment utilisés, les engins de terrassement et le carburant pour les alimenter. La route passe d'une colline à l'autre, traverse des villages où les églises protestantes ont remplacé les mosquées. Nous sommes sur le territoire Dayak dont la majorité des ressortissants de ce district ont choisi le protestantisme parmi les 6 religions officiellement disponibles en Indonésie (islam, protestantisme, catholicisme, hindouisme, bouddhisme et ... confucianisme). 
Nous passons une nuit dans un joli village composé d'une centaine de familles.




Par certains côtés, on se croirait presque en Suisse.

La famille d'accueil est formidable et les nasi goreng absolument délicieux.


Le soir même, une fête d'accueil est organisée. Au programme, cérémonie d'intronisation, danses et vin de palme.




Dimanche, départ pour une randonnée en forêt. Oubliez celles de Fontainebleau ou de compiegn, la forêt primaire de Bornéo est peuplée de singes, d'oiseaux aux multiples couleurs et de detestables sangsues qui ont la fâcheuse tendance de se glisser dans les chaussettes ou sous la chemise. L'antimoustique est bien plus efficace que les hurlements pour les chasser ... il y a de la boue partout, les chaussures sont trempées et nous improvisons un étendoir pour les sécher.



Accompagnés de porteurs dirigés par Mr Ioux, de Fébri et d'Ipol, nous partons vers des chutes d'eau pour camper.

Le campement est étonnant: les tentes sont montées sut des plate-formes constituées de branches liées avec des lianes de rotin à environ 1 m au dessus du sol et une bâche de plastique est tendue au dessus. Nous comprendrons l'intérêt de la chose un peu plus tard.


Nous partons nous baigner avant de passer aux choses sérieuses: la préparation du dîner par Fébri et Ipol.



Le soir, les porteurs nous présentent aux esprits de la forêt (cérémonie du riz, du vin de palme et offre d'un bracelet avec des feuilles) et puis dodo. Vers 10 heures, la pluie commence à tomber. Une bonne grosse pluie tropicale qui ne va plus s'arrêter. La bâche tient bon mais le joli petit torrent est devenu une rivière tumultueuse et il y a de l'eau partout. Sauf dans la tente ! Finalement, les esprits de la forêt ont du bon ...



Le matin, alors qu'il pleut des trombes, les porteurs font du feu sous leur bâche et nous prenons un petit déjeuner composé de café et de nasi goreng (oui, encore !). La pluie est de plus en plus diluvienne; nous décidons de quitter les lieux. Comme il est impossible de rentrer par le chemin emprunté à l'aller (environ 8 rivières à traverser) nous suivons un autre sentier qui n'en comporte que 6 (mouais...) mais moins profondes. C'est une véritable débâcle d'autant que les sangsues qui, elles, aiment la pluie, se collent à nous de plus belle et cherchent à piquer à travers le pantalon. Au bout de quelques heures de marche, nous retrouvons la route dans un état lamentable. 



Les sacs à dos ont pris l'eau et les vetements, qui avaient séché au feu et que nous avions précieusement rangé dans des sacs en plastique, empestent à plein nez.
Vite en voiture pour retrouver Pangkalan Bun et le joli hotel Arsela pour une bonne douche et des vêtements propres.

Avec qui ? Les mêmes que pour le parc de Tanjung Puting:

Yani AHMAD de Bornéo Orangutan travel tour avec qui nous avons programmé notre séjour à Kalimantan et qui a tout organisé:
info@orangutantravel.com

Ou bien Fébri (une super guide qui connaît parfaitement les animaux du parc, les noms des plantes et des arbres, les problèmes écologiques à Bornéo, de nombreux sentiers de randonnée, etc.). Le contact à conserver en priorité pour des virées à Kalimantan.
febriyan99@gmail.com

Où dormir ?
Hôtel Arsela. Pas de piscine mais beaucoup de charme et tout près de l'aéroport. Une très bonne adresse à Pangkalan Bun.

Que lire?
Shamini Flint, L'inspecteur Singh enquête à ... Kuala Lumpur. Sur la déforestation et l'exploitation clandestine des forêts à Bornéo.