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mercredi 25 mars 2015

Mise en température à Irkoutsk

Première impression du froid sibérien en sortant de l'aéroport : -15 degrés.

Nous ne sommes manifestement pas équipés comme il convient. Partis de Paris au printemp, nous retrouvons la morsure du vrai hiver.
Première chose à faire, se changer et aller déjeuner. Depuis l'été dernier, la ville n'a guère changé. Seule nouveauté perçue, une bande d'Hare Krishna qui dansent et chantent dans la rue qui mène au marché.

Le marché. Parlons en justement. Les marchandes bouriates sont elles aussi gelées et les poissons sont carrément congelés.





Après avoir avalé quelque pozzi, on poursuit avec une petite promenade le long de l'Angara. Nous retrouvons le cœur géant de Svetlana et Alexei que nous avions déjà remarqué en raison de sa taille (il est ). Voilà le résultat : 6 mois de mariage et déjà tout rouillé. Quelle tristesse !


Pour profiter du soleil et de la température qui monte (-7°), nous partons en direction du parc. Les pêcheurs du dimanche sont à leur place et là où croisaient les pédalos (petit rappel ici), nous trouvons un champ de neige.


Ah oui, j'oubliais, nous avons rencontré notre guide, Pavel. D'après ses descriptions, les réveils dans la tente glacée promettent de bonnes sensations !

jeudi 19 mars 2015

Holidays on ice

Pour un coup de coeur, c'en fut vraiment un! Ces neufs jours au Lac Baikal nous laisseront un souvenir impérissable. Et pas seulement les paysages qui peuvent être appréciés ici ou
Car l'expérience ne vaut pas que par la beauté du site. L'aventure était aussi dans les conditions de la traversée. Pour le coup, nous avons vraiment eu l'impression d'être un peu des explorateurs du grand nord.
Le camp au lever du soleil
Campement au crépuscule
Crédit : Pavel Ageychenko, BaikalNature
Vu comme ça, c'est très beau. Il faut quand même réaliser une chose qu'à distance on n'imagine pas forcément. Il fait très, très froid et après une bonne journée de marche, pas question d'aller prendre un chocolat chaud et une bonne douche avant de s'installer devant un bon feu de cheminée. Quand on a fini de marcher par des températures de -10 / -15 degrés, il faut penser à installer le campement alors que la température baisse de plus en plus puisque le soleil disparait.
C'est à ce moment que commence le montage des tentes.

Si l'exercice réchauffe un peu, à l'intérieur on ne peut pas dire qu'il fasse chaud. Surtout qu'à la nuit tombée on arrive rapidement à -28/-30 degrés. Voilà ce que cela donne au moment des repas. Les réchauds ont du mal à chauffer et la vache-qui-rit locale est bien fraîche. Au total l, si les dîners ne sont pas froids, on ne peut pas dire qu'ils soient franchement chauds non plus; mais en tout cas ils sont toujours accompagnés de boissons locales servies on the rocks ! 





Crédit : Pavel Ageychenko, BaikalNature
Pour les pique-niques, les blocs de glace tiennent tout à la fois lieu de table et de banc.



Et pour finir, un élément très inattendu. Alors que ce lac est la plus grande réserve d'eau douce du monde, on peut avoir très soif ! Je vous laisse imaginer le temps nécessaire pour faire fondre ces petits glaçons.


Réserve d'eau
Au total, nous aurons parcouru environ 67 km entre Ouzoury au nord-est de l'île d'Olkhone et Maksimikha, au sud d'Oust Bargouzine sur la rive est du lac. 


Malgré ou grâce à tout cela, cette traversée aura été vraiment FORMIDABLE ! Et nous sommes prêts à repartir sur le champ. La petite vidéo qui suit devrait éliminer la moindre hésitation.


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BaikalNature
119А Dekabrskikh Sobytiy Str., office 13
Irkutsk, Russia
Tel.: +7 499 705 65 58
Présentation générale : http://www.baikalnature.com/
Pour la traversée du lac, cliquer ici
Pour plus d'informations, c'est aussi par .
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lundi 16 mars 2015

La glace dans tous ses états

C'est fou les idées préconçues que l'on peut avoir sur la glace (pas que sur la glace d'ailleurs, mais c'est une autre histoire). Avant de venir au baïkal, je pensais qu'une fois l'hiver bien installé, il ressemblait à une immense patinoire. J'avais bien vu des photos de toros (mentionnés ici) mais je pensais qu'ils seraient rares et que nous serions bien chanceux d'en voir. Hé bien, que nenni!!! Non seulement nous avons vu plus de toros que je l'aurais imaginé, mais en plus la variété des formes prises par la glace dépasse mon/l'imagination.
En voici un petit aperçu.
A honneur au plus spectaculaire, la ligne de toros. Pratiquement impossibles à franchir avec les pulkas, ils offrent les plus beaux spectacles au petit matin et au coucher du soleil. La gamme des bleus est incroyablement variée et on en trouve de toutes tailles.



On trouve aussi des paysages sculptées par la glace au pied des rochers ou dans des grottes le long des falaises. Beaux échantillons de land art!




Vu de près, la diversité est tout aussi importante comme on le voit sur ces gros plans d'abord qui montrent que dans l'épaisseur de la glace (entre 40cm et 1m. selon les endroits) on trouve de multiples détails. 

D'autres blocs de glace, des mini plaques de neige qui finissent par ressembler à des bulles d'air captive, ensuite et des crevasses de largeur et profondeur variables mais qui sont toutes dangereuses.


Le must du must, ce sont quand même les jeux de lumière. Voici,ce que donne un coucher de soleil dans un champ de glace.
Crédit : Pavel Ageychenko, BaikalNature 
Une proposition: allez voir de près !

samedi 14 mars 2015

Les moyens de locomotion du Baïkal

Si l'été n'offre guère de choix en moyens de déplacement sur le lac, l'hiver permet toutes sortes d'alternatives au bateau. D'ailleurs, vu l'épaisseur de la glace, ceux-ci sont quelque peu immobilisés.


Commençons donc par les véhicules de transport à moteur comme diraient nos camarades de l'Insee. Le lac est en effet traversé par des voitures et petits camions et, dès le débarcadère de MRS, les règles sont clairement établies et sont régulièrement rappelées. 


Il va sans dire que la vitesse de 10 km/h est rarement respectée. 


Une fois le premier embranchement passé, chacun choisit sa route, ou presque. L'essentiel n'est pas dans la carrosserie mais dans les pneus. Pour le reste, toutes les formes sont permises depuis la classique fourgonnette UAZ, jusqu'au side-car customisé ( peut-être de marque Dniepr mais un incident indépendant de ma volonté m'a empêché d'aller vérifier).


Une autre solution consiste à se déplacer à pied. C'est celle que nous avons choisie. Une fois équipé des crampons qui vont bien, on peut avaler des kilomètres sur la glace.


Il n'en demeure pas moins que tirer la pulka dans les toros n'est pas de tout repos !



mercredi 12 novembre 2014

Baikal en hiver, passage à l'acte

Depuis le temps qu'on en parlait, depuis le temps que j'y pensais, on n'arrivait pas à ce décider. Le week end a été bénéfique et la décision a été arrachée: Baikal, nous voici!
J'avais fouillé internet dans tous les sens. Le choix s'est finalement porté sur une agence locale Baikal Nature qui propose une traversée du lac . 
Le circuit part d'Irkutsk que nous connaissons sous le soleil, souvenez-vous, c'était ici et , nous amène à Olkhon que nous découvrirons sous la neige et c'est parti pour 4 jours de marche vers Oust-Bargouzine sur la rive est du lac. Pour se remettre des efforts, le programme prévoit une partie de pêche, un tour aux sources chaudes et une séance de banya avant de repartir vers Ulan-Ude, la capitale de la République de la Bouriatie. On finit avec une nuit de train (hé oui, encore) pour rejoindre Irkutsk.




Les photos de paysages glanées sur internet sont juste géniales.





Et, le must, les toros (qui n'ont rien à voir avec ceux des corridas), des amoncellements de glace devenue bleue sous l'effet des changements de température, notamment au mois de mars. Magique.



Comment on dort? C'est très simple.
Dans des guest houses ou chez l'habitant lorsqu'on est sur la terre ferme, dans des tentes de pêcheurs lorsqu'on est sur le lac. Bien qu'elle y ressemble, la tente de pêcheur sibérien n'a rien à voir avec la Quechua de base.


Ajoutez à cela des duvets spécialement conçus pour les expéditions polaires, des crampons et des pulkas (en fait des sortes de luges) pour transporter nos affaires et tout est prêt pour la grande traversée.


Tout est prêt? Enfin pas tout à fait. Une petite note en bas du programme précise que le blizzard peut se mettre à souffler et qu'il faut donc un bon équipement pour s'en protéger. 
Et, surtout, il va falloir s'entrainer.
Et si on renonçait au chauffage jusqu'au mois de mars? 

samedi 30 août 2014

Gastronomie sibérienne

Je ne sais pas si vous l'avez remarqué mais je n'ai pratiquement jamais parlé de restaurant, de bon petit repas, de mets délicieux qui auraient adouci les conditions de voyage. La raison en est simple. Nous avons consommé local, c'est-à-dire roboratif. De fait, la gastronomie sibérienne n'a pas été touchée par les représentants de la nouvelle cuisine, de la cuisine fusion ou d'autres tendances du fooding. Donc, si l'objectif est de faire un voyage gastronomique, il vaut carrément mieux oublier cette destination. Je maintiens que pour tout le reste, c'est formidable.

La spécialité locale (disponible dans tous les restaurants entre Vladivostok et Tynda est la pizza aux pommes de terre. La garniture se décline en deux versions : pommes de terres en cube bouillies et purée. Pour s'y attaquer, il vaut mieux avoir faim et aucune autre possibilité à proximité. C'est souvent le cas. L'avantage c'est qu'on arrête dès qu'on est rassasié. Et vu la composition, c'est assez rapide.

Deux modèles de pizza aux Картофель 

Arrosez ça de Kvas, sorte de bière très peu alcoolisée (environ 2 degrés) fabriquée par la fermentation naturelle du pain de blé, de seigle ou d'orge, et tout va bien !

Vendeuse de Kvas dans une rue d'Irkutsk

La seconde manière de mal manger est de monter dans le train comme un amateur, ce qui était mon cas. Il faut dire que je manquais de pratique ce qui m'a amenée à composer des paniers repas lamentables du point de vue de la diététique. A ma décharge, j'ai aussi parfois eu du mal avec certains produits compte tenu de mon ignorance totale du russe. C'est ainsi que croyant acheter du fromage pour toast de base, je me suis retrouvée avec un stock de fromage, certes, mais aromatisé au salami. Et très honnêtement, ce n'est pas terrible du tout. Un peu d'attention et d'efforts m'auraient permis de lire "C Салями" qui ne pose aucun problème de traduction !   


Evidemment, j'ai compensé comme je pouvais.  A Vladivostok au Five O'clock (russian only) qui sert de délicieux French Toasts. A Khabarovsk  au Cafe Harley Davidson (hé oui) qui propose des assiettes d'oeufs au plat pantagruéliques. J'ai dévorés mes 3 oeufs au jambon avant d'avoir le temps de penser à les photographier.


Heureusement, il y a aussi eu les repas préparés par Svieta et Volodia au cours de la rando dans la réserve de la Frolikha. J'en ai déjà parlée . Je ne résiste tout de même pas au plaisir de vous montrer le style de la cuisine tout équipée qui remplace avantageusement n'importe quel modèle Ikea. 



Les fricassées de champignon récoltées sur place, les компот (qui n'ont rien à voir avec ce que nous appelons compotes même si cela se prononce pareil), boissons aux fruits réalisées avec les myrtilles soigneusement ramassées le jour même, les soupes à tout mais surtout aux pommes de terre et même les kashas du matin ; tout avait un goût incomparable. 

Mais pour les deux deux vrais repas au sens nappe sur la table, vaisselle blanche verres fins et couverts métal en disposés de chaque côté de l'assiette, il a fallu attendre de rejoindre Irkoutsk. 

Première adresse à retenir, un restaurant mongol: Kochevnik. Grosse frustration, en commandant au hasard (carte en russe et no english at all), j'ai vu arriver un plat très appétissant.


Pas de chance, c'était du foie ! Donc ce soir là, c'était un repas très basses calories (pour moi en tout cas). Mais bonne pioche avec le vin géorgien.

Deuxième essai chez Snezhinka. Il ne fallait pas se rater, c'était la dernière soirée. Avec l'aide de la serveuse, nous avons donc privilégié une valeur sure, l'omoul, poisson que l'on ne trouve que dans le lac Baïkal. 

Omoul au marché d'Irkoutsk

Alors là, ce fut un sans faute. Tartate d'omoul en entrée, omoul sauté, omoul en papillote, tout était délicieux. Même le traditionnel Sovetskoïe champanskoïe (c'est écrit sur l'étiquette: Советское Шампанское) passait très bien et était à la bonne température. 


De quoi nous donner encore plus de regrets de partir.