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dimanche 2 novembre 2014

Agadir, modern style

Mea culpa ! 
Après avoir trainé sur le front de mer, ma première impression sur Agadir était désastreuse. Mais après une mini-visite (post colloque, je précise) cet après-midi et la dérivation du circuit par à une collègue avisée, je révise mon point de vue. Agadir EST un patrimoine du point de vue de l’architecture moderne. 


Le golfe d'Agadir et sa plage de 9km vus depuis l'ancienne médina

Les architectes nés au Maroc formés dans les écoles parisiennes en rupture avec l’architecture traditionnelle et la médina ont adhéré aux principes modern(ist)es et fait entrer l’architecture internationale au Maroc grâce au GAMMA, le Groupe des Architectes Modernes Marocains. Ces héritiers du Corbusier ont proposé une « nouvelle approche régionale » de l’architecture qui, pour l’architecte d’ Agadir, le désormais célèbre (c’est une private joke) Jean-François Zevaco à qui on doit, entre autres, la poste d’Agadir.

La poste aujourd'hui (par moi) ... et telle qu'elle était en 1964 ((Crédit : Michel Ternisien))
Architecte : Jea-François Zevaco

Nous n’avons malheureusement vu ni les villas en bande édifiées en 1964, ni la caserne des pompiers. 
Villas en bande - Architecte : Jean-François Zevaco
(Crédit : Michel Ternisien)

Tour de la caserne des pompiers- Architecte : Jean-François Zevaco
(Crédit : Michel Ternisien)

D’autres bâtiments méritent le coup d’œil. L’hôtel de ville d’Emile Duhon.
Hôtel de ville - Architecte : Emile Duhon

Et les "Immeubles A" de Louis Rioux qui s’illustre surtout dans l’habitat social. 
Immeubles A - Architecte : Louis Rioux

On trouvera une présentation très intéressante des idées qui ont présidé à la reconstruction d’Agadir après le terrible séisme du 29 février 1960 en cliquant sur ce ici. Apparemment, la rupture architecturale avait commencé avant 1960 comme le montre un restaurant mythique des années 50, La Réserve.

Restaurant "La Réserve" 
Architectes: Maurice Bassières et Émile Duhon Construction: 1951 - 1953.
D'autres photos sont disponibles ici

Pourtant, le centre ville semble un peu à l’abandon. Le développement de la ville et ses nouveaux quartiers conduit apparemment à négliger les anciens bâtiments modernistes.
Comme la mosquée est pas mal et que le ciel était splendide, en voici quelques photos pour compléter ce mini tour de ville.



Bon, voilà c'est fini. Mais le retour à Paris se fait sous le soleil avec, en plus, une petite compensation. Une "turquerie" à Garnier avec l'Enlèvement au sérail joliment mis en scène par Zabou Breitman. Très belle prestation d'Erin Morley (ah ces aigus!) qui interprète le personnage de Constanze et d'Anna Prohaska, Blonde. Comme je suis une quasi inconditionnelle de Philippe Jordan, je trouve qu'il a trouvé le ton et la rythmique qui vont bien à Mozart. J'ai été moins convaincue par Bernard Richter qui interprète un Belmonte qui manque de suavité à mon goût mais cette question a fait l'objet d'un débat au retour...


(Photos Res musica)

Anecdote : le 16 juillet 1782, l'empereur Joseph II assiste à la première représentation au Burgtheater de Vienne de L'enlèvement au sérail. Après la représentation, l'empereur félicite le compositeur en des termes inattendus : 
- Trop de notes, mon cher Mozart ! 
et Mozart aurait répondu
- Sire, juste ce qu'il faut, pas une de trop !
Peu importe qu'elle soit vraie ou non ; j'adore cette histoire. 

mardi 28 octobre 2014

D'Essaouira à Agadir : extra-dry

Départ d’Essaouira en direction d’Agadir sous une chaleur accablante. C’est parti pour 150 km vers le sud d’abord à travers les plantations d’arganiers puis le long de la côte. LE seul mot qui vienne à l’esprit est extra-dry. La terre ressemble à du sable aggloméré ; les arbres sont secs au point de paraître morts. Partout des tourbillons de poussière qui entrainent dans leur sillage des sacs en plastique qui finissent accrochés aux épineux. Au milieu de cette désolation on n’a vraiment aucune raison de partir se promener en pleine nature. 

  
Seuls quelques points de verdure donnent de la couleur au paysage.


Après une centaine de kilomètres parmi ces terres et villages désolés, nous débouchons enfin sur l’Atlantique.  




Les rouleaux qui déferlent et les vagues qui s’abattent sur les rochers sont impressionnants et ont préservé une cote des constructions moches et sauvages. Malheureusement, on arrive très vite à Tagazzoute et là, c’est la cata!
Ca commence avec des constructions très moches, se poursuit avec la traversée d’un village dont la rue principale est bordée de cafés dans le style surfeurs qui donnent plutôt le bourdon et s’achève avec la construction d’un énorme complexe touristique « Taghazout Bay » dont les pancartes mentionnent le futur golf, arrosé avec de l'eau durable bien entendu. 



Dans ces moments là, je me découvre une capacité d’indignation quasi intacte ! Comment peut-on imaginer implanter un golf alors qu’il n’y a manifestement pas assez d’eau pour les habitants et les cultures. Quel est le degré de sottise d'hypocrisie à atteindre pour en arriver à programmer des investissements de la sorte? L’arrivée sur Agadir n’arrange rien. Enorme marina, hôtels-clubs avec piscine et lobby surdimensionnés. Après les délices d’Essaouira, on a l’impression de plonger dans un plein cauchemar touristique. Impression confirmée par un aller-retour express sur le front de mer. 
Il ne restait plus qu'à boire une petite bière en regardant la montagne!

Rendez-vous à la page Aide voyages pour savoir où ne pas aller.

lundi 27 octobre 2014

Flâneries à Mogador

Comme nous avons décidé de passer une nuit de plus à Essaouira, nous avons décidé de prendre notre temps. En discutant avec Sylvie, du Riad Malaika, il parait que ça fait souvent ça ici. L'esprit de Mogador!
Première étape : le marché au poissons le long du port de pêche. La pêches est vraiment impressionnante. Il y a même des murènes. Mais odorat sensible s'abstenir.





Pour respirer un peu d'air frais nous décidons de faire une longue promenade le long de la plage, au delà de ce qu'on appelle parfois le fort portugais.
La plage d'Essaouira est une immense plage de sable fin. C'est une longue plage typique de la côte atlantique. Pas le genre que je préfère mais plutôt agréable pour marcher. L'idée est de partir du port et marcher vers le sud, en direction des éoliennes. Plus on s'éloigne de la ville, moins il y a de monde, sauf au droit d'un complexe touristique où sont parqués dromadaires, chevaux et quads. Une fois cette faune passée, on est pratiquement seul sur la rive et la balade est vraiment vivifiante. 


Pour se reposer de cette longue marche (une dizaine de kilomètres au total quand même), une pause terrasse avec goûter est bienvenue. Evidemment, le coca est local.

Comme ma collection de portes s'est étoffée depuis le premier lot diffusé sur FB, je complète et ordonne le tout.

 

Bon, autant le dire, nous avons surtout flané. Qu'est ce que c'est bon !

dimanche 26 octobre 2014

Pause automnale à Essaouira

Deux mois après (seulement !) être rentrés de vacances, nous avions déjà l’impression d’être sur les rotules. La programmation du CIFEPME à Agadir est donc tombée à point pour fournir l’occasion d’un petit break. 
Nous étions d’accord sur un point : pas question de passer 4 jours à Agadir. La question était donc d’arbitrer entre montagne ou mer. La météo en a décidé pour nous. Après des mois de sécheresse, les villages de montagnes sont totalement désertiques. Pas la moindre cascade ni le plus petit coin de verdure. Ce sera donc Essaouira. Sur les conseils d’un connaisseur, nous réservons donc une chambre au Riad Malaika (bonne pioche, voir ici), louons une voiture pour ne pas rester parqués et nous voilà partis. Première soirée sur les remparts d’Essaouira. Le coucher de soleil est superbe et le vent léger qui souffle garanti de fins nuages aux effets drapés.



Vue depuis la terrasse du café Florida
Pour faire simple, quitte à être brutale, Essaouira, c’est Marrakech en encore mieux. Ce n’est pas seulement à cause de la présence de l’océan, du joli marché au poisson ou des rues plus aérées mais aussi parce que le tourisme y est moins agressif. On profite donc davantage de la médina et des longues promenades dans les ruelles. Créée en 1760, la ville a un coté très cosmopolite (je reparlerai un peu plus loin de la mellah, le quartier juif dont il ne reste pour ainsi dire rien) qui date de son origine et qui est resté. On n’est pas étonné d’apprendre qu’Essaouira est jumelée à Saint Malo. L'équation port + fort + remparts donnent l'impression d'être dans une ville fortifiée française. Ce qui est un peu le cas puisqu'après la période portugaise dont il reste justement les remparts, Mogador a longtemps été occupée par les français.

Le bastion nord

Barques de pêcheur au port

Une fois pris un bol bol d'iode, l'intérieur de la médina mérite aussi le détour. Dans l'ordre de notre circuit, quelques photos parfois volées à des marchands récalcitrants.
Le marché de la rue Zerktouni près de la porte est de la ville

 Le Mellah, ancien quartier juif




Petite pause pour profiter de la terrasse et se protéger de la chaleur (hé oui!) avant d'aller faire une grande balade sur la plage. A demain !